Sangharakshita Memorial Space

Se souvenant de Sangharakshita

On Sun, 4 November, 2018 - 21:02
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Ujumani

Vassika a déjà dit ici comment nous nous étions réunis au Centre de Paris le soir du décès de Bhante, et nous avons continué les jours suivants : le lendemain, la puja de la soirée de la Sangha a été dédiée à Bhante, puis, les jours suivants, un certains nombre d’entre nous, ainsi que d’autres amis venus de loin - Clermont-Ferrand, Nantes, Lille, Chambéry, et pour plusieurs, de Bruxelles - nous sommes retrouvés à Marines, dans la campagne près de Paris, pour quatre jours de retraite.

Le thème de la retraite (“Bien vivre dans le monde”) était en lui-même un hommage à Bhante, qui a non seulement très bien vécu dans le monde mais nous a aussi montré avec une immense clarté ce chemin exigeant. Et Bhante a bien sûr aussi été présent dans les méditations et rituels ; nous avons commencé ces derniers avec des poèmes de Sangharakshita, dont un qui est si approprié (merci à Akshobhin de l’avoir mentionné) :

Tu es parti maintenant ; mais seulement comme une étoile
qui, bien qu’éteinte, brille toujours au loin
pour ceux qui errent sur cette terre obscure.

Et puis nous avons aussi lu un poème d’un membre de l’Ordre australien, Bohidasa, qu’il a écrit juste après le mort de Bhante (l’original anglais est ici - merci Bodhidasa), et que j’ai traduit car il m’a inspiré.

Des questions qui s’élèvent suite à ton décès

Devrais-je pleurer ton absence ?
Quelle forme pourrait-elle contenir
cette présence incomparable ?

Devrais-je sangloter pour toi ?
Quelles larmes peuvent-elles libérer
celui qui est déjà libre ?

Devrais-je accourir vers toi ?
Quelle manifestation effrénée
vénère-t-elle ta tranquillité ?

Devrais-je me rappeler de toi ?
Quelle image donne-elle forme
à ton élégance élimée ?

Devrais-je parler de toi ?
Quelle éloge peut-elle faire justice
à ton éloquence ?

Devrais-je envoyer des guirlandes ?
Quelles fleurs flétries
peuvent-elles incarner tant de sagesse ?

Devrais-je m’attacher à tes paroles ?
Pourquoi m’attacher à la forme
quand leur esprit s’élève par les actions ?

Devrais-je oublier tes fautes ?
Quelle personne sage rejette-t-elle
la force du pardon ?

Devrais-je arrêter le chemin ?
Quel héros fait-il demi-tour,
quand le sage disparaît ?

Devrais-je tomber dans le désespoir ?
Quelle obscurité peut-elle consumer
l’éclat de tes dons ?

Devrais-je chercher un guide ?
Quel artisan déplore-t-il
ses outils au bénéfice de ceux d’un autre ?

Je ne parlerai pas, ni n’imaginerai
ni ne pleurerai ni me m’attacherai.
Aucune fleur ne sera envoyée, aucune couchette réservée,
Ni tristesse, ni recherche
de faute ou de saisie
n’arrêtera mes pas.

C’était ta manière d’avancer, Sangharakshita,
C’est maintenant notre manière, seuls,
de marcher.

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Responses

Nityabandhu's picture

bein ecrit, Ujumani, merci bien.

Advayasiddhi's picture

Tres bien, merci pour notre ecris

padmadrishti's picture

Merci Ujumani de partager ce poème a la fois très personnel et qui refléte aussi l’aspect collectif de notre chemin.